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Communiqué de presse : la Charte dévoile son plan d’action Égalité

Il y a un an, la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse a entrepris un vaste et long chantier : interroger les questions d’égalité au sein de la littérature jeunesse, tant dans les pratiques sectorielles que dans les représentations proposées aux lecteurs et lectrices. Depuis, l’ampleur des mouvements #metoo et #balancetonporc a fait de la lutte contre le sexisme et des questions de représentation une priorité politique. Le 07 février dernier, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a rappelé la « nécessité de rendre aux femmes une plus juste place dans les disciplines où elles se sont illustrées, notamment en histoire et en littérature ».

La commission Égalité & Diversité de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse dévoile aujourd’hui son plan d’action Égalité, réponse concrète à cette interrogation pour la littérature jeunesse. Par ce signal fort, la Charte appelle à une véritable prise de conscience de l’importance de ces problématiques par l’ensemble du secteur.

Dans un premier temps, la Charte alerte sur la nécessité de faire un état des lieux. Droits d’auteur, revenus accessoires, invitations en salons, attribution de bourses, prix littéraires dotés : la Charte lancera prochainement une enquête interne auprès de ses adhérents et adhérentes, et enjoint aussi les différentes institutions (ministère de la Culture, SNE, etc.), à se doter des moyens de disposer de données genrées. L’objectif : mieux cerner les éventuelles inégalités, et définir les moyens d’agir.

La Charte souhaite aussi fédérer toutes celles et ceux qui voudraient se questionner et agir autour de ces questions. Fidèle à sa ligne directrice, « les auteurs pour les auteurs », la Charte déclinera ces prochains mois sur son site Web différents outils de sensibilisation : témoignages vidéo, boîtes à outils, formations à la négociation spécifique aux autrices, la liste est longue et n’oubliera pas les autres maillons de la chaîne du livre : libraires, documentalistes, etc.

Parce qu’on ne saurait lutter contre les inégalités sans s’interroger sur ce qui les forge, à savoir en grande partie l’éducation, et les modèles qui sont donnés à voir et lire, la Charte souhaite questionner également la place des stéréotypes filles-garçons dans les ouvrages de littérature de jeunesse, notamment auprès du grand public et des segments plus commerciaux. En s’engageant pour l’égalité, la Charte ne se pose en aucun cas en prescriptrice d’une doxa politique : il s’agit simplement d’entamer une réflexion autour de ces questions avec les personnes volontaires, afin de pouvoir analyser avec celles et ceux qui le souhaitent les stéréotypes véhiculés dans la littérature construite pour la jeunesse (dont la portée édifiante cristallise ce genre de questions).

L’importance de l’enjeu appelle une mobilisation générale. La Charte veut donc s’appuyer sur sa place centrale pour fédérer l’ensemble du secteur, et ce, concrètement. La commision Égalité & Diversité de la Charte a ainsi entrepris de rencontrer tous les acteurs du livre (SNE, SLPJ, Fédé des salons, ministère de la Culture, etc.) pour réfléchir à des moyens d’action plus larges. La Charte prévoit d’ores et déjà l’organisation d’un colloque, véritable journée d’études qui inviterait chaque acteur du secteur à la réflexion. De même, la Charte lance l’idée d’une initiative forte, celle d’un Pacte de l’égalité, qui symboliserait l’engagement du secteur tout entier en faveur de plus d’égalité.

Verbatim :

Guillaume Nail, commission Égalité & Diversité :
« Par ce plan d’action, la Charte fédère un vaste chantier pour qu’enfin sexisme, stéréotypes, clichés et discriminations ne soient plus qu’un mauvais souvenir dans la littérature jeunesse. Nous en appelons à toutes les bonnes volontés et à toutes les énergies positives et progressistes pour faire évoluer les mentalités. »

Samantha Bailly, présidente de la Charte :
« Parce que la littérature jeunesse est un milieu féminisé, le premier réflexe est de le penser épargné par le sexisme. Il n’en est rien. Les chiffres que nous découvrons sur les différences de rémunération entre auteurs et autrices jeunesse, le manque de représentation dans les prix littéraires, les femmes identifiées comme ayant moins accès aux bourses de création... Tous ces éléments sont autant de signaux d’alerte. Aussi, la forte féminisation de la littérature jeunesse et la rémunération historiquement très faible dans ce secteur sont à relier avec une histoire sociale bien plus vaste que l’univers du livre. »

Pour plus de détails sur le plan d’action :

Guillaume Nail : stop.sexisme@yahoo.com / 06 63 86 99 20
Isabelle Dubois : ecrire@la-charte.fr / 01 42 81 19 93

Communiqué à télécharger.