Au revoir...

L’hommage de Jean-Hugues Malineau à Jacques Delval

Disparition de Jacques Delval, ancien président de la Charte

Auteur réputé et primé d’ouvrages pour la jeunesse, ancien président de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, Jacques Delval est décédé le 4 novembre.

Né en 1939 en Picardie, Jacques Delval avait exercé plusieurs métiers (magasinier, libraire, professeur de français, etc.) avant de se consacrer à l’écriture.
Poète, romancier, scénariste, il a publié de nombreux livres destinés à la jeunesse.
De 2001 à 2004, il fut président de la Charte.

La Charte s’associe à la douleur de sa femme Marie-Hélène Delval et de sa famille.

Son ami, l’auteur Jean-Hugues Malineau, lui rend hommage :

Né en 1939 en Picardie, Jacques Delval est décédé le 4 novembre 2015 à Paris à l’âge de 76 ans.
Président de la Charte des Auteurs et Illustrateurs pour la Jeunesse entre 2001 et 2004, ceux qui l’ont côtoyé gardent de lui l’image d’un homme loyal, intègre, doux et profondément humain et amical.
Après des études de philosophie, il exerce divers métiers (libraire, magasinier, animateur de cinéma et enseignant de français en LEP durant treize années). Jacques est venu tard à l’écriture pour la jeunesse et on lui doit depuis 1985 une trentaine de romans, en particulier pour les adolescents. On pourrait s’amuser à y retrouver bien des moments de sa vie tant il est vrai que son œuvre est nourrie par ses souvenirs de jeunesse ou par ses rencontres : « Mes histoires sont rarement inventées. Mes personnages je les ai souvent rencontrés et il leur arrive des aventures qui ont été les miennes ».
C’est le cas, entre autres, des très beaux récits comme Le Train d’Al Kantara écrit en 1987 dans lequel on retrouve ses souvenirs de la guerre d’Algérie ; de New-York au cœur en 2006 dans lequel il s’inspire de son premier amour américaine ; c’est le cas aussi de Noria en 1992, de Anne B Figurante en 1997, de Quand j’aurai vingt ans en 2004 ou de Délivrance en 2008 qui donnent un écho d’un long séjour dans le Sahara, d’une expérience sur les plateaux de cinéma et surtout de sa propre jeunesse en Picardie omniprésente : « J’ai toujours préféré mes lapins, mon jardin, et les champs à l’école »...
Mais plus encore que ces tranches de vie, c’est l’homme qui se révèle au fil des pages, c’est Jacques Delval qui, dans un style limpide et vivant transmet aux jeunes les valeurs de l’amour, de l’amitié, de l’équité ou de la bonté. Son œuvre est un message de tolérance et de fraternité.
Auteur de quelques livres pour les lecteurs adultes, je retiens particulièrement le très beau récit autobiographique Les Sandales de Thérèse dans lequel Jacques relate avec sincérité les incertitudes de ses vingt ans, ses espoirs et ses désespoirs, sa découverte de l’amour parallèle à sa longue quête spirituelle. Ce livre est celui d’un poète en osmose avec le monde et la nature.
Plus confidentielle est l’oeuvre poétique de Jacques Delval qui n’a cependant jamais cessé d’écrire de la poésie. Amoureux du beau livre, collectionneur lui même d’anciens livres pour enfants, Jacques avait plaisir à ce que ses rares recueils de poèmes soient imprimés dans de belles éditions bibliophiliques. Sensible à la mise en page et à la typographie, il tenait surtout à la connivence avec ses illustrateurs et amis qui donnaient écho à sa parole. C’est le cas de plusieurs plaquettes accompagnées des lithographies de Daniel Nadaud ou du dernier livre Brouillard en Vermandois dont je fus l’éditeur l’an dernier orné des enluminures de son amie Eva Wellesz.

Jean-Hugues Malineau