Au revoir...

Disparition de François Sautereau

François Sautereau, qui fut président de la Charte de 1993 à 1996, est mort le 8 septembre 2014.

Issu du théâtre, il entre en littérature avec Un trou dans le grillage (1977), une utopie (ou…une dystopie ambiguë ?), parabole politique sur l’éducation et l’enfermement. Il rejoint ainsi le club fermé de la SF pour la jeunesse et récidive avec La cinquième dimension (1979), Prisonnier des médias (1983) et surtout Classe de Lune (1990), qui lancera la collection Cascade chez Rageot, et se vendra à 200 000 exemplaires. François Sautereau a touché avec bonheur à tous les genres littéraires : le conte, la nouvelle, le théâtre, le roman. Sa palette allait du fantastique ( Nicolas et la montre magique ) au roman historique ( Le cahier jaune ) en passant par la fantasy dont il fut l’un des précurseurs avec sa magnifique trilogie La vallée des esprits . C’était un homme jovial, d’une gentillesse et d’une probité exemplaires. Des centaines d’enfants et d’adolescents ont eu la chance d’écrire avec ses conseils car il fut un pionnier de ce que l’on appelle « les ateliers d’écriture ». Poussé et élu par ses camarades, il assura la présidence de La Charte des auteurs pour la jeunesse à la fin des années 80. C’était aussi un conteur extraordinaire, dont l’humour ravissait tous les publics. A l’époque où il n’était pas encore mon voisin dans le Périgord (car il a habité près de Bergerac autour de l’an 2000), je me souviens avoir fait appel à lui pour une association. Avec Philippe Barbeau, il a aussitôt répondu présent. Il fallait l’entendre, juché sur un tabouret, raconter « La mère du vent » ! Il était grand, corpulent, impressionnant grâce à sa stature – et il en jouait parfois, ah… lisez donc Les kilos en trop  ! On l’aura compris : François était également un ami, dont la modestie et la discrétion l’empêchaient de se mettre en avant. Si vous ne l’avez pas encore lu, faites-le ! Son écriture est vive, efficace, d’une simplicité qui n’exclut pas la recherche. Il restera l’un de ceux qui, à la fin du XXe siècle, ont donné des lettres de noblesse à la littérature pour la jeunesse.

Christian Grenier

À lire également, l’hommage de Yves Pinguilly à François Sautereau :

PDF - 70.4 ko
La montre de François Sautereau s’est arrêtée

Bibliographie de François Sautereau