Réalisations

Livre / Un amour d’enfance

À la demande de la Charte des auteurs et illustrateurs pour la jeunesse, plus de 80 d’entre eux ont joué au jeu de « je me souviens » pour évoquer le livre qui a marqué leur enfance : Fantômette ou Bob Morane, Jules Verne ou Curwood, la Comtesse ou le Père Castor, dans la Bibliothèque Verte ou la Rouge et Or. Puis, non contents de ressusciter le petit lecteur qu’ils furent, ils ont pris le risque de retrouver le livre tant aimé et de le relire. À la question posée : « Que reste-t-il de nos amour ? », qui aura répondu : « Fidèle, je suis resté fidèle » et qui aura été cruellement déçu ?

Dans l’ensemble des 80 et quelques témoignages écrits et illustrés, on voit se dessiner, par touches successives, le portrait de deux générations de jeunes lecteurs devenus aujourd’hui des créateurs pour la jeunesse. Bien que chacun ait écrit dans son coin, les textes se répondent. Certains ont le même amour en commun (Les quatre filles du Dr March) mais dans des versions, voire des langues, différentes, ou plus troublant encore, évoquent le même passage d’un même roman oublié de tous (Le lys de Brooklyn). Parfois aussi, les textes se contredisent : l’une décrie Le Club des Cinq que l’autre portera aux nues, prouvant ainsi que chaque petit lecteur fait son miel à sa façon...

Se confronter, devenu adulte, à ce livre qui fut déclencheur ou catalyseur, amène fort naturellement à se demander : pourquoi celui-là ? Anticipant le jugement d’autrui, on se dépêche d’avouer : oui, c’est un peu daté, bien sûr, c’est du mélo, non, ce n’est pas un grand roman. Et pourtant, on « marche » encore. Pourquoi ? Sans doute « parce que c’était lui et parce que c’était moi ». Marie-Aude Murail, nov. 2006

Édité chez Bayard sous la direction de Marie-Hélène Delval, Un amour d’enfance paraît le 15 novembre 2007 (épuisé).